Jeunes Missionnaires du Salésien

LES  JEUNES  MISSIONNAIRES  DU  SALÉSIEN

 25  ANS  DE  VIE

QUI  SONT-ILS?

Le tout a commencé le 31 janvier 1991.  C’est lors de l’évaluation d’un sketch sur Don Bosco, dans le cadre de sa fête, qu’un enseignant du Séminaire Salésien, M. Yves Robert, présenta à son groupe de comédiens un projet d’entraide internationale, afin de mettre en pratique, d’une manière différente, les valeurs prônées par Don Bosco.  Six jeunes acceptèrent et, peu à peu, sept autres se greffèrent à ce groupe qu’ils nommèrent un peu plus tard :  les  Jeunes Missionnaires  du  Salésien (JMS).

LES  TROIS  PREMIERS  STAGES

L’organisation du premier stage a été difficile dû au fait qu’on a eu à bâtir les assises de ce projet :  objectifs, règlements, activités et le financement surtout.  C’est à la fin de décembre 1992, que ces treize jeunes se retrouvèrent pour 2 semaines en République Dominicaine, au Centre juvénile des Canillitas, tenu par les Salésiens de Santo Domingo.  Ce premier projet a surtout été caractérisé par le rafraîchissement des murs du Centre et par la rénovation d’une petite église chrétienne dans le Batey Bermejo, à trois heures de route, mini village où des Haitiens, travaillant dans les champs de canes à sucre, y vivent encore comme des esclaves.
   

L’année suivante, un 2è stage s’organisa.  Influencé par l’expérience du premier, il a été possible d’en restructurer et d’en raffermir les bases afin de le rendre plus fonctionnel :  critères d’éligibilité et de sélection, camp de formation;   bénévolat, loisirs, financement et ouverture à la vie chrétienne obligatoires;  codes d’éthique et d’évaluation.  De 1993 à 1995, beaucoup d’efforts ont été déployés par 14 nouveaux jeunes missionnaires. 

Ne pouvant plus poursuivre en République Dominicaine, en raison de la disponibilité des Salésiens, un nouvel endroit de stage nous fut proposé :  le centre salésien Artesanado Salesiano de Nazareth, centre d’accueil et de résidence pour Los chavos de Don Bosco (Les enfants de Don Bosco), réalisé par la Fondation Déjame Ayudarte (Laisse-moi t’aider.) et spécifiquement conçu pour les jeunes de la rue :  120 jeunes garçons entre 6 et 17 ans, dirigés par 2 Salésiens,  dont un très âgé,  et 3 laics de la communauté chrétienne de Santa Catarina, tout près de la Ciudad de Mexico.   Nos jeunes y ont effectué des travaux de peinture et d’entretien. Le grand succès de ce 2è stage fut aussi souligné par des excursions en montagne dont la Mujer dormida (Iztlacihuatl)


 

 

 

 

 

 

et des visites sur le site des pyramides de Téotihuacan et de la magnifique basilique  Notre-Dame-de-la-Guadeloupe.

Ces activités permirent la réalisation d’un échange culturel parfois difficile à cause de la langue surtout et de la nourriture.  « Tant qu’il y a du pain, il y a de l’espoir! » disaient souvent les jeunes.

UNE  EXPÉRIENCE  TROUBLANTE  MAIS  BÉNÉFIQUE

La direction du Salésien donna ensuite la possibilité aux JMS de réaliser un stage à chaque année et non plus aux 2 ans, afin d’ouvrir plus grandes les portes au missionnariat et de garder plus présente la motivation des jeunes.  Mais dès son arrivée à Mexico, la moitié du 3è groupe de 9 jeunes se fit « hold-uper » ses bagages par des brigands, ce qui mit en péril la récurrence accordée par le Salésien.  Malgré cet événement malheureux, le groupe conserva son dynamisme et sa discipline.  Ce stage fut caractérisé par un vécu plus étroit avec les mexicains de l’Institut Nazareth, car, « grâce » au vol, nous étions devenus aussi pauvres qu’eux.  Devant le désarroi des jeunes, les Salésiens ont fait un appel à la charité de la communauté du village.  Plusieurs vêtements nous furent donnés.

L’année suivante, l’Internat se restructura passant de 120 à 30 jeunes pour y assurer une meilleure éducation et un logement de meilleure qualité;  le recrutement d’un personnel qualifié restant déficient.  Mais chacun des stages suivants permirent une meilleure formation des jeunes, de part et d’autre, une structure plus précise des activités, des relations humaines plus animées, un personnel adapté et dynamique, sans oublier les nombreux et généreux  investissements monétaires qui permirent aux Salésiens de rénover, de bâtir, de transporter, de faciliter le quotidien, de mieux éduquer,  loger et nourrir.

 

ET  LE  DÉVOUEMENT  SE  POURSUIT

25 ans d’histoire JMS, sans  interruption.   Du fondateur des JMS, M. Yves Robert, alors enseignant en Éthique et culture religieuse, le père Bob Gagné, sdb, lui a succédé pendant 6 ans comme mentor de plusieurs enseignants et d’anciens JMS devenus animateurs.  Depuis 2010, c’est le père Alain Léonard, sdb, qui en assure la pérennité.  D’ailleurs, du 24 février au 5 mars dernier, 21 jeunes de 4è secondaire, le père Léonard et 3 assistants ont réalisé le 24è stage à Santa Catarina, Mexique.

Les JMS y ont partagé leurs journées en assistant les jeunes mexicains dans plusieurs activités :  des excursions culturelles aux localités les plus caractéristiques de la région comme les vestiges de la canalisation que les Aztèques ont construite pour fonder Tenochtitlan, aujourd’hui Mexico;  des moments de spiritualité à plusieurs temps marqués dans la journée;  des rencontres fraternelles par le jeu;  une journée dans leurs écoles.  On y a travaillé la terre pour de futures plantations de toutes sortes.  S’étant améliorée avec les années, la donnée linguistique s’inscrivait dans toutes les rencontres interculturelles et favorisait indéniablement le désir de s’exprimer et de prouver son amitié.

AU  CŒUR  DE  CES  VÉCUS

Cette expérience,  qualifiée comme un stage de coopération internationale, a rappelé aux jeunes que pour changer le monde, il faut d’abord se changer soi-même.  En effet, le défi était d’encourager et de soutenir,  dans le quotidien, ceux qui ont reçu le moins; de se concentrer davantage sur les autres que sur soi-même; de choisir l’essentiel plutôt que l’accessoire;  de relativiser nos petits problèmes personnels et de vivre dans la joie, comme nos amis mexicains, dans le plein esprit salésien.

AU  RETOUR  DES  NOMBREUX  STAGES

À leur retour, les JMS nous ont toujours partagé leurs réflexions qui oscillaient autour de celles-ci :   « C’est ma perception du monde qui a changé; je regardais le monde à travers mes lunettes nord-américaines! »  ou encore :  « Ce qui me reste du voyage, c’est le fait d’avoir partagé une certaine pauvreté.  Il y avait une grande aide entre les gens…les difficultés étaient surmontées ensemble! »  de plus :  « Nous avons développé de belles amitiés; même sans ordinateur ou téléphone portable ! »    « Ce stage m’a fait éprouver beaucoup d’amour; il m’a rappelé qu’être heureux, c’est très simple :  un sourire suffit! »

LE  DÉFI  SE  PROLONGE  EN  HAITI

Voulant donner une deuxième orientation au Projet JMS,  M. Robert et le père Léonard se rendirent visiter, à l’été 2012,  neuf des 11 communautés salésiennes d’Haiti.  Leur choix s’arrêta sur l’école primaire et secondaire de Gressier (750 élèves), incluant un internat pour 35 garçons avec lesquels nous avons partagé le quotidien.

Le premier stage s’y déroula en mars 2014 pour 14 jeunes de 5è secondaire et trois éducateurs.  Le défi de la langue en moins, puisque tous les Haitiens scolarisés étudient en français, cette barrière n’existait plus.  Les liens se créèrent donc beaucoup plus rapidement, car les jeunes pouvaient fraterniser plus aisément.  Avec cette nouvelle réalité, bien que les Haitiens parlent créole entre eux, il a été plus facile pour les membres des JMS-Haiti de s’ancrer dans la réalité des gens qui se relevaient encore avec peine des traces laissées par le séisme de 2010.  Nous avons voyagé dans tout le pays pour nous rendre compte de son extrême pauvreté, mais aussi de sa beauté et de la joie de vivre de son peuple!  Autrefois appelée, la Perle des Antilles, Haiti se révéla à nos jeunes missionnaires sous divers aspects.  En plus de vivre des échanges extraordinaires au plan humain, les JMS-Haiti ont réalisé des corvées de nettoyage et d’agronomie pour aider l’Institut salésien dans ses travaux printaniers,  mais aussi pour aider les Haitiens à prendre conscience de la nécessité d’un pays propre et plus accueillant.

Du 18 au 25 mai prochain, 20 élèves composeront la troisième cohorte des JMS-Haiti souhaitant changer un peu le monde en vivant de belles rencontres dans la foi chrétienne avec de jeunes Haitiens.  Comme le disait Don Bosco :  « Lakaymwen se lakay ou! » (Ta maison est ma maison!)  et nous tenterons d’unir nos mains pour ces paroles deviennent réalité!

UNE  AUTRE  EXPÉRIENCE  CONNEXE

Du 30 décembre au 13 janvier dernier, 7 JMS, ayant vécu le 1er stage en Haiti, y sont retournés, accompagnés par monsieur Robert, histoire de vivre une autre expérience d’aide humanitaire mais à un cran supérieur.  Ils ont œuvré 7 jours à l’Arche « Carrefour » de Jean Vanier, à Port-au-Prince, pour ensuite se diriger vers Jacmel.  Ils sont restés 4 jours à l’Institut et externat des sœurs salésiennes, pour y enseigner à des jeunes en difficulté d’apprentissage et partager leurs jeux.   Ils sont ensuite partis pour Gressier, chez les Salésiens, afin de fraterniser avec leurs amis de l’Internat, connus 2 ans auparavant.  Cette autre expérience était considérée au départ comme non récurrente.

25  ANS  DE  MISSIONNARIAT  SALÉSIEN  en République Dominicaine, au Mexique et en Haiti  où  356  jeunes et  40  éducateurs peuvent grandement émaner de fierté.

Mme Shirley Brochu,  enseignante et responsable du JMS – Haiti

Père Alain Léonard, sdb,  enseignant et responsable du JMS – Mexique

M. Yves Robert, enseign.  retraité,  JMS fondateur en quête d’un nouveau défi